Le mois de septembre n’est jamais bon en Bourse, et cette année ce pourrait être pire

Les mois de septembre sont traditionnellement baissiers à Wall Street, et plus encore les années d’élection de mi-mandat. A Paris, c’est en moyenne le mois le plus négatif. Et, cette fois, il faut y ajouter le risque commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Warning.

Le mois de septembre n’est jamais bon en Bourse, cette année ce pourrait être pire | Crédits photo : Shutterstock

Le mois de septembre n’est jamais bon en Bourse, cette année ce pourrait être pire

 

Wall street est en plein forme. Les indices américains achèvent la période estivale sur de nouveaux records, tout du moins le S&P 500 et le Nasdaq Composite, tandis que le Dow Jones n’est plus qu’à une dizaine de points de son dernier pic du 26 janvier. Autant de raisons de se montrer prudent alors que se profile en Bourse un mois traditionnellement défavorable aux marchés d’actions.

Selon des données relayées par CNBC, le Dow Jones plie de 0,7% en moyenne au mois de septembre, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq Composite perdent, eux, chacun 0,5%. Aux Etats-Unis, la véritable rentrée est prévue pour le 4 septembre, au lendemain de Labor Day, férié outre-Atlantique. « Au fur et à mesure que la nouvelle année scolaire avance, les gestionnaires de fonds ont tendance à faire le ménage à la fin du troisième trimestre, provoquant des ventes désastreuses vers la fin du mois », explique Jeffrey Hirsch, de Stock Trader’s Almanach, dans une note publiée la semaine dernière.

Le choc des « 200 milliards »

Et cette année, la rentrée pourrait ne pas se faire en douceur. C’est en effet le 5 septembre que s’achèvent les consultations sur des droits de douane supplémentaires portant sur un montant de 200 milliards de dollars de produits chinois importés. Avec une annonce potentielle dans la foulée de la part de Washington, pour JP Morgan peut-être dès cette date du 5.

Attention aussi à cette année 2018 au cours de laquelle se déroulent, à la mi-novembre, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Et à chaque fois, les pertes mensuelles du Dow Jones et du Nasdaq Composite s’en trouvent accrues. En moyenne, le repli est alors de 1% pour le premier indice et de 0,8% pour le second. En revanche, le S&P 500 limite généralement son repli à 0,4%.

Les cinq « septembre noir » de la Bourse de Paris

A la Bourse de Paris aussi, le mois de septembre se révèle très compliqué. C’est même le mois le plus « rouge » de l’année : -1,52% en moyenne pour le cas 40 depuis sa création fin 1987. Avec cinq années terribles et des chutes de plus de 10% à la clé : -10,05% en 2008, -11,74% en 1990, -12,43% en 1998, -13,02% en 2001 et -17,49% un an plus tard.

Crédits photo : Bloomberg

En 1990, la chute de l’indice fait suite à une dégringolade de plus de 14% durant le mois d’août précédent. La Bourse est sous le choc. En s’emparant par la force du Koweït, le dictateur irakien Saddam Hussein provoque un bouleversement complet du fragile équilibre politique au Moyen-Orient. Les indices boursiers chutent, le pétrole flambe, le dollar joue peu son rôle de valeur refuge, ne profitant qu’une seule séance de l’événement géopolitique.

En 1998, la chute de septembre fait là aussi suite à un plongeon de 12% en août. En cause, des inquiétudes venues d’Asie mais aussi sur l’atterrissage brutal de l’économie américaine après plusieurs années de forte croissance. Intronisation ratée du Premier ministre japonais Keizo Obuchi, craintes de dévaluation du yuan chinois, voire du dollar de Hong Kong, plan d’urgence en Russie pour tenter de sauver le rouble, le pays se retrouve proche d’une situation de défaut de paiement. Les craintes se propagent ensuite aux autres pays émergents d’Amérique latine.

2001 : C’est bien évidemment l’année du 11 septembre et des attentats perpétrés sur les Etats-Unis par le réseau djihadiste Al-Qaïda. Les quatre attaques-suicide (deux visant le World Trade Center, une le Pentagone, la dernière ayant échoué, l’avion en direction de Washington s’étant écrasé en rase campagne en Pennsylvanie). Mais ce sont avant tout les craintes de récession de la première économie mondiale qui entraînent les marchés, sur fond d’éclatement de la bulle internet. Vers la fin du mois, le Cac 40 a quasiment abandonné près de 40% depuis le début de l’année.

2002 : C’est sur fond de bruits de bottes entre les Etats-Unis et l’Irak que s’installent des inquiétudes sur le plan économique, en particulier aux Etats-Unis. La « non-action » d’Alan Greenspan sur les taux directeursdéçoit les investisseurs. Les profit warnings se multiplient en France à l’occasion de la publication des comptes semestriels. Le Cac 40 perd 20% en neuf séances avant un rebond technique.

2008 : la faillite de Lehman Brothers matérialise les craintes de faillite au sein des établissements bancaires. Le Dow Jones chute de plus de 4% le 15 du mois. Le premier assureur américain, AIG, est nationalisé. La Fed et le Trésor annoncent la création d’un superfonds d’au moins 500 milliards de dollars destiné à racheter les actifs illiquides afin de nettoyer les bilans. Merrill Lynch est racheté par Bank of America. Mais les rumeurs se multiplient autour de Morgan Stanley notamment.

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